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# Le Hangxing n° 2 de Hangzhou transforme la foule d’un marathon en test grandeur nature pour un robot dans l’espace public

> À l’occasion de son marathon 2026, Hangzhou a déployé un robot humanoïde. L’enjeu n’est pas son apparence d’agent de circulation, mais la fiabilité d’une mission de patrouille délimitée dans un espace public très fréquenté.

## Ce que le Hangxing n° 2 a réellement fait pendant le marathon

 ![Un robot humanoïde d’assistance à la circulation intervient près d’un parcours très fréquenté du marathon de Hangzhou.](https://publicasta.com/storage/projects/11/pages/1104/2026/11/994a3f7e-958f-4bbc-9d29-fa3a0a79a568.webp)

 Le 1er novembre, Hangzhou a placé un robot humanoïde de circulation dans un environnement particulièrement visible, fréquenté et précisément défini sur le plan opérationnel : les abords du centre sportif de Huanglong, pendant le marathon de Hangzhou 2026. Baptisée Hangxing n° 2, la machine a intégré une équipe de patrouille composée de quatre unités, réunie par DEEP Robotics, entreprise basée à Hangzhou, et les autorités locales chargées de la circulation. Sa présence n’a pas été présentée comme un remplacement des policiers. Elle servait d’unité mobile supplémentaire au sein d’un dispositif plus large de gestion du trafic, avec des tâches définies à l’avance et répétées pendant toute la manifestation. [Le compte rendu de Hangzhou](https://www.ehangzhou.gov.cn/2026-11/02/c_299511.htm) indique que le robot a contribué à la surveillance des intersections, aux patrouilles sur des itinéraires prédéfinis, aux avertissements en cas d’infraction et aux services d’information destinés au public.

 Cette distinction est importante, car le déploiement est facile à mal interpréter lorsqu’on le réduit à l’image d’une machine humanoïde immobile au bord d’une route. La question concrète n’était pas de savoir si le Hangxing n° 2 pouvait imiter l’apparence d’un agent de circulation. Il s’agissait de déterminer si un robot mobile pouvait accomplir un ensemble limité de missions ouvertes au public tandis que piétons, véhicules et coureurs se déplaçaient dans le même espace. Le robot devait surveiller les intersections, patrouiller sur des itinéraires établis, signaler les infractions détectées, répondre aux questions, effectuer des gestes standardisés de régulation et diffuser des consignes de sécurité. Ces fonctions le situent quelque part entre un panneau fixe, une borne d’information et un assistant de patrouille supervisé. Elles ne correspondent pas à une prise en charge autonome d’un réseau routier urbain complexe.

 Le marathon a offert au système un public exigeant, sans rendre chaque condition impossible à prévoir. L’épreuve a rassemblé 36 000 coureurs, tandis que plus de 300 000 personnes avaient demandé à y participer. Autour du centre sportif, cette affluence s’est traduite par des déplacements piétons denses, des flux changeants et une pression accrue sur les points fixes habituellement utilisés pour la régulation de la circulation et la sécurité. Elle signifiait aussi que la mission du robot pouvait être associée à un lieu précis, à un calendrier connu, à des postes désignés et à des consignes récurrentes. Dans un tel environnement, un robot peut être utile s’il repère une activité autour d’une intersection, suit un itinéraire planifié, répète un avertissement clair ou oriente un usager vers le bon service. Sa valeur repose sur une répétition fiable sous supervision, et non sur l’affirmation spectaculaire qu’il comprendrait l’ensemble de la foule.

 Le rôle de circulation rapporté associait perception et boucle de réponse limitée. Le Hangxing n° 2 utilisait ses systèmes de détection et de déplacement pour identifier des situations telles que des piétons traversant la chaussée ou des véhicules s’insérant de manière irrégulière, puis diffusait des avertissements et exécutait des gestes standardisés tout en transmettant des conseils de sécurité. Une personne souhaitant obtenir un renseignement pouvait également s’approcher du robot pour recevoir des informations publiques. Ces interactions sont volontairement lisibles : la machine observe un type de situation défini, émet une consigne reconnaissable, tandis que l’autorité générale en matière de gestion du trafic reste entre les mains de l’équipe humaine. Cette organisation rend le déploiement plus compréhensible pour le public et plus facile à surveiller pour les agents qu’un système dont les décisions seraient dissimulées derrière une revendication d’autonomie générale.

 Le choix d’un marathon révèle aussi les limites de ce que l’apparence du robot permet de démontrer. Une course majeure concentre le travail de gestion de la circulation sur une courte période, regroupe l’activité dans des lieux connus et multiplie les situations répétitives où un rappel ou un geste peut être utile. Elle constitue donc un test visible de la capacité du robot à patrouiller, communiquer et rester utilisable au milieu d’une foule nombreuse. Mais elle ne suffit pas à établir que la même machine peut résoudre sans danger toute situation routière ambiguë, remplacer le jugement d’un agent ou fonctionner sans intervention. À Hangzhou, la démonstration significative était plus circonscrite : le Hangxing n° 2 est devenu l’un des éléments d’une équipe de patrouille organisée, contribuant à étendre la surveillance pendant l’événement, tandis que les agents humains conservaient la responsabilité de l’opération.

 Cette mise en scène relie aussi l’apparition au marathon aux premières expériences menées par Hangzhou avec la gestion robotisée de la circulation. La ville avait déjà déployé une brigade de 15 robots chargée de la gestion du trafic à des endroits stratégiques. Ces machines contribuaient à diriger la circulation, à décourager les infractions et à orienter les usagers. Le Hangxing n° 2 a introduit une plateforme plus explicitement humanoïde dans cette même conversation autour du service public, mais le test de fond restait concret. Un robot pouvait-il circuler dans une zone définie, délivrer des consignes cohérentes et épauler les agents pendant un événement très fréquenté ? Le déploiement du marathon a apporté des éléments sur ce fonctionnement. Il n’a pas tranché la question plus vaste de savoir si les robots humanoïdes sont prêts à exercer de manière autonome une autorité dans l’espace public.

 ## Le matériel derrière ce rôle visible du public

 L’utilité du Hangxing n° 2 pendant le marathon dépendait moins de sa silhouette humanoïde que de la capacité de son corps et de ses systèmes embarqués à assurer une patrouille prévisible. La documentation de DEEP Robotics situe la plateforme entre 175 et 178 cm, une taille suffisamment proche de celle d’un adulte debout pour évoluer de façon visible parmi les passants et exécuter des gestes standardisés à peu près à hauteur des yeux. Cette ressemblance physique peut rendre la machine plus lisible pour le public, mais ce n’est pas elle qui détermine sa valeur opérationnelle. La question décisive est plutôt de savoir si le robot peut se déplacer, percevoir, communiquer et rester opérationnel tout en suivant un itinéraire défini dans un environnement extérieur animé.

 Les spécifications publiées décrivent une machine conçue pour des environnements où l’exposition aux éléments et la mobilité comptent. Le DR02 affiche une protection IP66 et une plage de fonctionnement annoncée de -20 °C à 55 °C. Ces chiffres décrivent une résistance et des conditions d’utilisation, pas la garantie que chaque déploiement se déroulera sans interruption. Ils répondent néanmoins à des contraintes pratiques auxquelles une patrouille visible du public ne peut échapper. Un robot d’appui à la circulation peut rencontrer de la poussière, des projections d’eau, un sol irrégulier, des variations de température et des déplacements prolongés. La résistance aux conditions extérieures compte donc davantage que l’impression visuelle produite par une forme humanoïde : une machine qui semble officielle mais ne supporte pas fiablement son environnement aurait peu de valeur pour les agents et les organisateurs responsables de l’événement.

 La même distinction vaut pour les performances de marche. DEEP Robotics annonce une vitesse de déplacement de 1,5 m/s. Dans un rôle de gestion de la circulation pendant un marathon, ce chiffre n’est pas un résultat de course et ne montre pas que le robot peut se déplacer à cette vitesse sans danger dans n’importe quelle foule. Il indique toutefois l’échelle de mobilité visée. La machine doit couvrir une zone de patrouille prédéfinie, se repositionner entre différents points d’observation et rester utile sans être traitée comme une installation immobile. C’est la mobilité sur un itinéraire qui importe ici. Il ne s’agit ni de franchir une ligne d’arrivée ni d’imiter théâtralement un agent, mais de maintenir une présence à des endroits désignés et de soutenir un fonctionnement qui reste placé sous supervision humaine.

 La gestion de l’énergie est tout aussi importante que l’apparence. La documentation mentionne une batterie interchangeable de 1 440 Wh. Une batterie remplaçable permet aux opérateurs de gérer l’écart pratique entre le cycle de fonctionnement d’un robot et la durée d’un événement. Elle ne permet pas, à elle seule, d’établir combien de temps le Hangxing n° 2 est resté actif, à quelle fréquence sa batterie devait être changée ni quelle charge de travail la préparation et le remplacement représentaient. Ces informations seraient nécessaires pour évaluer son endurance dans des déploiements réels. Le choix de conception révèle néanmoins une priorité opérationnelle : les robots destinés au service public doivent pouvoir être entretenus sur le terrain, et pas seulement exécuter une courte démonstration dans des conditions contrôlées.

 C’est le système de perception qui transforme le corps en plateforme mobile d’observation. Les spécifications fournies citent notamment un LiDAR, des capteurs de profondeur et des caméras grand angle. Ces systèmes remplissent des fonctions différentes mais complémentaires. Le LiDAR peut contribuer à la cartographie spatiale et à la détection des obstacles ; la perception de la profondeur aide à estimer la position des objets proches ; les images grand angle élargissent le champ de vision de la machine sur les personnes, les véhicules et l’itinéraire environnant. Ensemble, ils fournissent les données brutes nécessaires à la navigation et à la conscience de la situation. Ils ne donnent pas automatiquement au robot une compréhension fiable de chaque action humaine. Un capteur peut détecter une personne ou un obstacle sans déterminer s’il s’agit d’un geste demandant de l’aide, d’un signal indiquant de s’arrêter ou d’un mouvement accidentel au milieu d’une foule dense.

 Les 275 TOPS de puissance de calcul annoncés doivent eux aussi être considérés comme une capacité du système, et non comme une preuve d’autonomie. Une puissance embarquée supérieure peut faciliter le traitement de plusieurs flux de capteurs ainsi que l’exécution des algorithmes nécessaires à la perception, à la navigation et à l’interaction. Elle ne dit rien de la fréquence à laquelle le système interprète mal une scène, de son comportement lorsque les données des capteurs se contredisent, ni des situations où l’intervention d’un opérateur humain devient nécessaire. Ces résultats dépendent tout autant des logiciels, de la conception de l’itinéraire, des liaisons de communication et des procédures d’exploitation que de la puissance de calcul mise en avant.

 C’est pourquoi la description des patrouilles, des avertissements, des gestes et des consignes de sécurité vocales dans le compte rendu du marathon compte autant que la fiche produit. L’événement a montré un robot affecté à une mission publique circonscrite, tandis que les caractéristiques techniques décrivent l’équipement susceptible de rendre cette mission possible. Aucune de ces deux sources n’établit que le robot peut gérer seul la circulation courante d’une ville ou remplacer le jugement des forces de l’ordre. Le matériel permet de soutenir une affirmation plus limitée : avec une détection adaptée, une construction protégée, une alimentation mobile et une capacité à se déplacer suivant un itinéraire, une plateforme humanoïde peut être déployée là où les personnes doivent la voir et l’entendre. La fiabilité d’un tel service public dépendra de la discipline opérationnelle qui entoure la machine — son parcours, sa supervision, sa maintenance et sa réaction lorsque la situation ne correspond plus aux conditions pour lesquelles elle a été conçue.

 ## Pourquoi un marathon constitue un test d’autonomie utile, mais limité

 Un marathon offre un environnement qui semble exigeant sans être totalement ouvert. La foule peut être dense, les déplacements difficiles à prévoir et les intersections nécessiter une vigilance constante, mais l’événement reste délimité dans le temps, l’espace et les procédures. Il n’est pas demandé au robot de comprendre une ville entière d’un seul coup. Il est affecté à des lieux connus, suit des itinéraires de patrouille préétablis et intervient dans le cadre d’un événement dont l’organisation de la circulation a déjà été assurée par les autorités humaines. Cette structure est déterminante : elle transforme une affirmation générale sur les robots autonomes de service public en une question plus précise — une machine peut-elle accomplir de manière fiable un ensemble limité de tâches au milieu d’une forte affluence piétonne ?

 Le caractère répétitif du travail rend également ce contexte intéressant pour l’évaluation. Les consignes de sécurité, les gestes standardisés, les avertissements en cas d’infraction au code de la route et les réponses aux questions courantes du public ne sont pas des tâches identiques, mais elles restent plus faciles à cerner que les décisions imprévisibles auxquelles un agent de circulation est confronté dans les conditions ordinaires d’une ville. On peut évaluer si le robot atteint les points prévus, répète ses instructions avec constance, détecte les personnes qui bloquent ou franchissent une zone contrôlée et communique d’une manière comprise par les passants. La présence de policiers à proximité réduit encore la responsabilité qui lui incombe. Le robot peut soutenir l’opération, tandis que les décisions lourdes de conséquences et l’intervention physique restent entre les mains de personnes habilitées à les prendre.

 C’est aussi pour cette raison que le marathon ne doit pas être considéré comme la preuve qu’un robot humanoïde est prêt à remplacer les agents. Un événement contrôlé peut réduire l’éventail des situations que le système doit gérer. Les routes et les zones de patrouille sont connues à l’avance ; les consignes sont répétées ; la durée du déploiement est limitée ; et l’équipe humaine peut intervenir lorsque le robot atteint les limites de ses compétences. Ces conditions sont précieuses, car elles rendent un premier test public plus sûr et plus facile à observer, mais elles masquent aussi les difficultés de la gestion quotidienne de la circulation. Les rues d’une ville n’offrent pas systématiquement un itinéraire prédéfini, une foule prévisible ou une séparation évidente entre un comportement normal et une situation d’urgence.

 Les cas encore non résolus commencent par la perception. Une foule dense peut dissimuler une personne, un véhicule, un panneau ou un signal manuel aux capteurs du robot. Un geste apparemment simple peut être ambigu, en particulier lorsque plusieurs personnes se déplacent simultanément ou que les piétons ne savent pas ce que la machine leur demande. La question n’est pas seulement de savoir si le robot peut émettre un avertissement, mais s’il peut déterminer à quel moment cet avertissement est approprié, distinguer l’obéissance de l’hésitation et éviter d’aggraver un simple malentendu. Un système qui réagit correctement à des schémas clairs et répétés peut malgré tout avoir besoin du jugement humain lorsque les personnes se comportent d’une manière inhabituelle sans pour autant être dangereuse.

 Des questions pratiques se posent également. Si le robot rencontre un obstacle, perd son itinéraire ou reçoit des signaux contradictoires de la foule, peut-il s’arrêter dans un endroit sûr et demander de l’aide ? Qui assume la responsabilité si son avertissement est erroné, si sa patrouille est interrompue ou si un incident évolue plus vite qu’un superviseur humain ne peut réagir ? Un déploiement dans l’espace public soulève aussi des interrogations sur le traitement des données des capteurs et les limites de l’observation dans un lieu très fréquenté. Le remplacement des batteries et les autres besoins de maintenance comptent eux aussi : une patrouille n’est utile que tant que le robot reste disponible, et un système qui exige des interventions fréquentes risque de transférer la charge de travail à son équipe humaine de soutien au lieu de la supprimer.

 Pour cette raison, le marathon doit être compris comme un test d’autonomie ciblé : il est significatif parce qu’il place des logiciels et des composants robotiques dans une situation publique réelle, mais limité parce que le cadre est délibérément structuré. Son résultat le plus probant ne serait pas une démonstration spectaculaire d’intelligence indépendante. Ce serait la preuve que le robot peut assurer une mission de patrouille définie, communiquer de manière constante, rester dans des limites d’utilisation sûres et transmettre les cas difficiles aux agents humains. La question suivante est de savoir si ces conditions peuvent être mesurées et reproduites lorsque la foule devient moins prévisible, que l’itinéraire est moins contrôlé et que les conséquences d’une erreur sont plus difficiles à contenir.

 ## Le véritable critère pratique est la coordination, pas l’autonomie théâtrale

 La présence du Hangzhou No. 2 au marathon importe moins comme démonstration qu’un robot humanoïde peut se tenir au bord d’une route que comme test de son intégration dans une opération existante de sécurité publique. La ville avait déjà décrit, plus tôt en 2026, une unité de gestion du trafic composée de 15 robots, présentant ces machines comme un élément d’un effort plus large visant à utiliser des robots pour la régulation de la circulation et le soutien aux événements. Le marathon pose donc une question plus utile que celle de savoir si le Hangxing n° 2 était convaincant dans le rôle d’un agent de la circulation : pouvait-il accomplir une mission limitée tout en laissant aux agents humains l’autorité sur la situation ?

 Cette distinction compte, car les événements publics récompensent la coordination. Un robot peut être utile sans comprendre de manière autonome chaque personne, chaque véhicule ou chaque urgence autour de lui. Il peut occuper un point connu, suivre un itinéraire prédéfini, répéter une consigne standard, utiliser un geste déterminé pour transmettre un signal et confier les situations inhabituelles aux personnes chargées de prendre les décisions. Le cadre du marathon — vaste, programmé, concentré autour de lieux connus et soutenu par la police — rend cette répartition des tâches possible. Hangzhou a également présenté les technologies événementielles comme un système plus vaste, comprenant notamment un soutien d’urgence assisté par des drones. Dans ce contexte, le robot doit être considéré comme une interface parmi d’autres au sein d’un réseau opérationnel, et non comme un substitut au jugement humain qui anime ce réseau.

 Les futurs déploiements devraient être évalués à partir de mesures opérationnelles plutôt que du spectacle. La première est la disponibilité : combien de temps l’unité est restée opérationnelle et à quelle fréquence elle a dû être mise en pause, rechargée, réinitialisée ou retirée du service. La deuxième est le taux d’intervention : à quelle fréquence un agent humain a dû prendre le relais parce que le robot rencontrait un mouvement ambigu, un itinéraire obstrué, une interaction dangereuse ou une tâche dépassant les limites de sa programmation. Ces chiffres en diraient davantage sur l’autonomie pratique qu’une vidéo montrant un robot émettre un avertissement à une intersection dégagée.

 Les faux avertissements méritent la même attention. Si le système avertit régulièrement des personnes qui ne contreviennent à aucune consigne, la charge retombe sur les agents et le public risque d’apprendre à l’ignorer. S’il se montre trop prudent, il peut ne pas traiter les situations pour lesquelles il a été déployé. Un rapport crédible distinguerait les avertissements émis, ceux jugés appropriés et les incidents ayant nécessité une correction. La couverture de l’itinéraire devrait être mesurée dans le même esprit : non pas seulement la distance assignée au robot, mais la proportion de cette route qu’il a parcourue dans les conditions requises, en tenant compte des pauses, des passages bloqués, des débordements de foule et des transferts aux équipes humaines.

 La gestion des incidents constitue un autre test décisif. Un robot de service public n’a pas besoin de résoudre toutes les urgences, mais il doit réagir clairement lorsque le fonctionnement normal est interrompu. Les prochains comptes rendus devraient préciser ce qui s’est passé lorsqu’une personne a posé une question à laquelle le système ne pouvait pas répondre, lorsqu’un geste était ambigu, lorsque des piétons entravaient ses déplacements ou lorsqu’un agent devait lui ordonner de s’arrêter immédiatement. L’enjeu n’est pas de savoir si la machine peut éviter toutes les exceptions, mais si celles-ci sont détectées rapidement, transmises à la bonne personne et consignées de manière à permettre un examen ultérieur.

 L’économie du dispositif obéit à une logique tout aussi concrète. Le coût de maintenance ne se limite pas au prix d’achat : gestion des batteries, recharge ou remplacement, transport, assistance logicielle, inspection, nettoyage, réparations et temps consacré par le personnel à superviser l’unité déterminent tous la possibilité de renouveler l’opération. La conception du DR02 avec batterie interchangeable est pertinente à cet égard, mais une caractéristique technique ne permet pas, à elle seule, de savoir combien de changements de batterie exige un événement ni quelle charge de travail ils représentent. Ce sont ces chiffres qui permettraient aux organisateurs de comparer l’appui robotique à d’autres moyens d’accroître les capacités de gestion de la circulation.

 L’autorité humaine doit rester explicite. Les agents doivent pouvoir mettre le système en pause, le réorienter ou le retirer de l’espace public sans avoir à négocier avec la machine. Le public doit également pouvoir distinguer une consigne standardisée donnée par un robot et savoir à qui revient la responsabilité si cette consigne est mal comprise. Une forme humanoïde peut rendre l’unité plus lisible au premier regard, mais lisibilité ne signifie pas responsabilité. La chaîne de commandement, les règles d’escalade et les traces des interventions comptent davantage que l’apparence de l’autonomie.

 C’est le critère utile pour évaluer le Hangxing n° 2 et l’ensemble plus vaste qui l’accompagne. Si Hangzhou publie des mesures sur le temps de fonctionnement, la fréquence des interventions, les fausses alertes, la couverture des itinéraires, l’issue des incidents, les coûts de maintenance et les limites de l’autorité humaine, le marathon pourra constituer la preuve d’un processus de service public reproductible. Sans ces mesures, il restera surtout une scène persuasive : un robot dans un rôle proche de celui de la police, au milieu d’une foule, montrant que la technologie peut être exposée. Le progrès significatif serait plus restreint et plus précieux : parvenir à intégrer des machines incarnées dans des tâches civiques clairement délimitées, sans dissimuler qui demeure responsable du résultat.
